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Dégrader le système social pour combler le déficit ?


Macron panique avec l’affaire Benalla mais c’est du côté de la finance que les choses se gâtent et la confrontation avec la Commission de Bruxelles sur le bilan 2018 et le projet de budget de 2019 s’annonce fort mal. Au fond occuper la presse avec une affaire douteuse mais maîtrisable par l’Elysée n’est pas une si mauvaise affaire. En effet on cache soigneusement aux français la note socio-économique désastreuse de la France. Grâce à une bonne tenue de la croissance semestrielle de l’OCDE selon les derniers chiffres publiés par l’OCDE à ce jour, croissance à 1,23% pour le seul 1er semestre 2018 (2018-S1 en bleu sur le graphique), le contexte était favorable en ce début d’année. Hélas si les Etats-Unis ont une croissance qui s’envole, la France termine en queue de peloton avec une croissance semestrielle de 0,32% quatre fois inférieure à celle de l’OCDE, trois fois inférieure à celles de l’UE, et plus de deux fois inférieure à celle de la zone euro. Un an après des annonces de campagne sur le rebond de la France, celle-ci fait un bond en arrière. La prévision annuelle de 1,65% pour 2018 sur la base d’une année glissante ne dépasse que celles du Royaume-Uni et de l’Italie mais reste très inférieure à la prévision initiale de 2% du 1er budget 2018 et à celle de la zone euro à 2,11%. Mais si la perte de croissance de la semaine 1 de 2018 avec celle de 2017 se poursuit au 2ème semestre, la croissance pourrait encore être très inférieure (en gris sur le graphique) à la fin de l’année. La prévision du gouvernement à 1,7% paraît donc optimiste. Le risque d’une bérézina de la croissance n’est pas nul.

Evidemment avec une telle croissance, on ne peut rien attendre sur la baisse du chômage. Sa valeur au sens du Bureau International du Travail recensant le plein emploi reste à 9,2% de la population active, alors que la zone euro est à 8,6%, le Portugal à 7,5%, l’UE à 7,1%, la Belgique à 6,1%, l’OCDE à 5,6%, la Suisse à 4,9%, le Royaume-Uni à 4,1%, et l’Allemagne à 3,4% ! Quand on est le 7ème plus fort taux de chômage de l’OCDE, non seulement on ne peut pas tirer gloire de faire mieux que l’Italie, l’Espagne et la Grèce, mais on peut craindre de les rejoindre. Il est d’ailleurs compréhensible que l’Allemagne, devant une perte démographique et un plein emploi, ait décidé de s’ouvrir à l’émigration. La brutalité de l’ouverture et l’impact du nombre de migrants ont pourtant créé un choc politique difficile à maîtriser. De même on comprend que le Royaume-Uni ferme ses portes à l’émigration, pour raison économique avant tout, car elle vient d’atteindre le plein emploi que l’on situe à un taux de 4%. La France, championne des dépenses publiques, est donc devant un problème de PIB, donc de faiblesse de sa compétitivité qui lui fait importer plus qu’elle n’exporte, crée du chômage, du déficit, et une diminution des dépenses publiques.


Alors l’UE incite la France à diminuer son déficit budgétaire par une politique d’austérité ciblant les prestations sociales aux chômeurs, le système de santé, les retraites, les aides au marché du travail, les aides publiques diverses, sans parler des coupes sombres partout sur le nombre de fonctionnaires sans même tenir compte des priorités comme celle de l’Education Nationale. Les français sont convaincus de posséder le meilleur système social, mais on leur reproche d’avoir des dépenses publiques les plus élevées d’Europe. Alors qu’en est-il réellement ?




Oui la France est en tête des dépenses publiques avec 56,4% par rapport au PIB, mais pourtant elle ne l’est plus si l’on regarde les dépenses publiques par rapport au nombre d’habitants. Elle occupe le 8ème rang derrière les pays nordiques, la Norvège, le Danemark, la Finlande et la Suède, mais aussi la Belgique et l’Autriche. Or c’est ce rapport qui est ressenti par la population. C’est d’ailleurs elle qui va en partie le payer par les impôts et les taxes. Même si l’Allemagne et le Royaume-Uni dépensent moins, ils ne sont pas forcément à citer en exemple sur les services publics rendus. En conséquence la diminution des dépenses publiques n’est pas un objectif prioritaire, car il implique une diminution des services publics rendus pour sa plus grande part. La cause première de l’affaiblissement de notre pays reste bien son manque de compétitivité et la politique d’austérité ne peut que nous mener sur le sentier de l’Italie et de la Grèce. Il faut bien voir que le PIB et le budget de l’Etat sont deux choses différentes. Ce dernier n’est qu’une partie du PIB, les dépenses privées et le déficit du commerce extérieur font aussi partie du PIB.


Ce qui est important à ce stade est de savoir à quoi sont utilisées les dépenses publiques en comparaison avec les autres pays. En effet la ventilation des dépenses est un choix politique qui est généralement très ancien car on ne peut imaginer changer les clés de répartition d’un coup de baguette magique. C’est ce que nous allons voir dans les prochains articles sur ce sujet au moment où les dépenses publiques sont sur la sellette comme étant le remède miracle qui va booster la croissance et diminuer le chômage dans un système de vases communicants de l’argent pris au peuple pour le donner aux entreprises. C’est donc aux dépenses sociales que sera consacré le prochain article, dépenses qui en 2016 représentaient 31,55% du PIB soit 872 milliards ou 703 Mds pour des dépenses publiques à hauteur de 56,38% du PIB soit 1559 Mds$ ou 1257 Mds. Les dépenses sociales représentent 56% des dépenses publiques. Elles représentent le gros des dépenses mais doit-on les rogner pour autant ? C’est ce que nous verrons dans le prochain article.


Il est plus facile de diminuer l’argent pour ses enfants 

Que de diminuer son train de vie personnel.

C’est la recette de l’austérité de l’UE 

Que Macron nous applique

Pour le bond en avant 

Vers la pauvreté !
 
Claude Trouvé 
19/09/18

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