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Dégrader le système social pour combler le déficit ? (2ème partie)


La France va mal et la politique actuelle ne nous mène qu’au désastre. La chasse aux taxes et dépenses sociales est lancée et va continuer de plus belle. Pourquoi ? Parce que les perspectives de croissance sont en berne. La Banque de France vient d’estimer la croissance de 2008 à 1,6% au lieu des 1,7% réajustés par Bruno Lemaire sur un projet budgétaire à 2%, lui-même réajusté et voté à 1,9%. Le Ministre des finances annonce d’ores et déjà que le déficit budgétaire prévu à 2,3%/PIB ne va pas être tenu, mais être probablement à 2,6% comme en 2017. Les raisons en sont la baisse de la croissance de 0,3% et le paiement de la dette de la SNCF réseau. Du coup l’objectif d’une dette à 96,4% du PIB en 2018, avant une baisse progressive jusqu'à 89,2% en 2022, ne sera pas réalisé non plus puisque, selon l'Insee, la dette publique de la France, fruit de l'accumulation des déficits au fil des ans, s'est établie à 2.255,3 milliards d'euros au premier trimestre 2018, pour atteindre 97,6% du PIB.

Le gouvernement a fait preuve d’un manque de vision de la marche de l’économie et n’a pas tenu compte de la fin du déversement de liquidités par la BCE, les fameux QE, qui boostaient artificiellement la croissance, la croissance naturelle réelle étant plus proche de 0,5% sans ceux-ci. Le manque de compétitivité, due pour la plus grande part à un euro trop cher pour notre économie, et notre politique économique à rebours de celle des Etats-Unis nous conduisent à la catastrophe. La politique d’austérité paralyse le pays et finit par agir sur la consommation. Les prestations sociales deviennent la cible facile puisque les dépenses sociales représentent 56,4% des dépenses publiques. Edouard Philippe s’attaque à trois prestations sociales - "l'aide personnalisée au logement, les allocations familiales, les pensions de retraite" - "progresseront de façon plus modérée, de 0,3 % par an en 2019 et en 2020 ". Avec une inflation à 2%, ceci représente une recette non négligeable, mais autant de pouvoir d’achat en moins. 

Il a en outre assuré que "la prime d'activité, le minimum vieillesse, l'allocation pour les adultes handicapés" augmenteraient, quant à eux, "très significativement", conformément aux promesses de campagne du président Emmanuel Macron. En somme la politique socio-économique se résume à quelques aides non chiffrées, donc probablement misérables, pour les plus démunis, une pression fiscale accrue en particulier pour les retraités, les familles et les classes moyennes, et des cadeaux substantiels aux plus riches et aux grandes entreprises. La suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires va encourager les entreprises à y pousser les salariés grâce à un gain moyen de 17 euros/mois pour un smicard ! Cette mesure va coûter 2 milliards pour un coup de pouce aux entreprises bien en-dessous du gain de compétitivité à réaliser pour relancer l’économie. Toutefois le premier impact sera sur un chômage accru par la baisse des embauches.


Les dépenses sociales publiques sont dans le collimateur et représentent l’essentiel des dépenses publiques avec 31,55%/PIB alors que les dépenses publiques totales émargent à 56,4% du PIB. Les deux graphiques montrent que la France est en tête des pays occidentaux en pourcentage de dépenses/PIB mais pas en dépenses par habitant comme pour l’ensemble des dépenses publiques où elle est au huitième rang. Elle y est dépassée par les pays nordiques, Norvège, Danemark, Finlande et Suède, mais aussi par l’Autriche et la Belgique, le Luxembourg étant un cas particulier de pays à très fort PIB/habitant. Elle devance pourtant la Suisse et l’Allemagne.


Non la France n’a pas à rougir de ses dépenses sociales/habitant et celles-ci n’ont aucune raison d’être la cible de coupes sombres de la part du gouvernement dans l’optique de rejoindre l’Allemagne sur ce point au détriment de la qualité du système social de notre pays. On peut même dire qu’elle pourrait faire mieux comme les pays nordiques. S’il y a des économies à faire, en dehors de l’amélioration de la gestion des prestations sociales, ce n’est pas ce secteur qui doit être visé. D’ailleurs on peut faire la même remarque pour les dépenses publiques par habitant comme nous l’avons vu dans le précédent article sur ce sujet. La raison est que la France manque de croissance de son PIB par rapport à son nombre d’habitants, c’est là son véritable handicap. Ceci veut dire que l’austérité, appliquée sur les dépenses publiques en général et sociales en particulier, ne peut avoir que des effets pervers sur la santé des citoyens, leur pouvoir d’achat donc la consommation, le chômage, la qualité des services rendus tant dans la sécurité, que dans la justice, l’Education, la culture, le sport, les infrastructures, etc.
 
C’est exactement ce vers quoi Macron et l’UE nous mènent et on a vu que le transfert de l’argent du peuple vers les entreprises, comme les 40 milliards qui devaient produire 1 million d’emplois et qui se sont évaporés dans la nature… des paradis fiscaux, n’a servi à rien. La France continue à reculer par rapport à la moyenne des pays de l’UE. En fait nous sommes engagés dans un processus de dévaluation interne mortifère d’une efficacité trop faible et destructrice de nos richesses incapable de redonner à notre pays la compétitivité qui lui fait défaut. Donc seule la récupération de notre monnaie et une dévaluation, comme vient de le faire la Suisse, peuvent nous redonner une balance du commerce extérieur excédentaire ou équilibrée, grâce à une efficace relance de notre économie. Comme l’a compris Trump, la libre circulation des capitaux doit cesser et la maîtrise douanière s’appliquer intelligemment produit par produit. Alors, ceci acquit, l’impôt tue l’impôt et le creusement temporaire du déficit budgétaire doit être accepté. L’homéopathie actuelle n’a aucune chance de donner des résultats, c’est d’un acte chirurgical dont la France a besoin.

L’austérité à la grecque sous ordonnance allemande profite à cette dernière mais pille notre richesse et la France n’arrive même plus à enrayer le déficit sans pour autant relancer l’économie en dehors des facteurs exogènes fluctuants. En dehors de la lutte au gaspillage, dans laquelle on pourrait mettre le plan inutile des énergies renouvelables et ses aides financières afférentes, et de la recherche de l’excellence de la gestion des deniers publics, la contraction des dépenses publiques, et en particulier sociales, est une aberration économique car l’urgence est ailleurs. Malheureusement notre route est tracée par une UE germano-américaine qui décide pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Toutefois ceci n’empêche pas de gérer au mieux les deniers publics et à ce propos le graphique ci-dessus montre que la France pourrait faire des efforts dans la gestion des prestations sociales, au moins au niveau de notre voisine la Belgique, qui est aussi un pays à prestations sociales publiques élevées. Se remettre simplement au niveau de dépenses de gestion de ce pays aurait gagné 1,1 milliards en 2016 sur les dépenses sociales publiques. Voilà de saines économies possibles sans dégrader le service aux citoyens. Un audit privé sous contrôle de la Cour des Comptes serait le bienvenu au lieu de réduire les APL de 400 millions ou de baisser les allocations familiales. Mais il reste à regarder la répartition des dépenses publiques entre les administrations publiques et les dépenses sociales. Cela fera l’objet de prochains articles.


L’austérité pratiquée à la grecque mène à la Grèce. 

La France n’a pas que le tourisme pour revivre.

Elle a des atouts qui s’étiolent peu à peu 

Dans une politique socio-économique

Qui pille ses richesses au profit 

Des puissances de l’argent

D’une seule hégémonie 

Germano-américaine.
 
Claude Trouvé 
22/09/18

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