Le choix du confinement est majoritaire dans les
décisions gouvernementales des pays du monde touchés par le Covid-19. Cependant
un certain nombre de pays ont choisi, soit de ne pas confiner, soit des
solutions intermédiaires. Le graphique ci-contre montre que les 7 pays, qui ont
le plus de décès/million d’habitants, sont européens, centrés autour de la France,
et ont pratiqué un confinement global de la population. Si parmi eux l’Espagne est
le pays relativement le plus touché, quatre pays se détachent Espagne, Italie, Belgique,
et France. Il est probable qu’ils seront rejoints par le Royaume-Uni. La Suède
est en 8ème position mais son cas est particulièrement intéressant car
elle a fait le choix de l’immunisation collective, donc sans contrainte
particulière sur les déplacements et la vie économique, hors les recommandations
d’usage en cas d’épidémie de type grippal. Si son nombre de décès qui est 3
fois moindre que celui de l’Italie ne prouve pas que le confinement est inutile,
il montre néanmoins qu’aujourd’hui le non-confinement n’apporte pas un nombre
de décès supérieur aux pays pratiquant un confinement sévère comme l’Espagne, l’Italie
et la France.
En dehors de la Corée du Sud qui a
prouvé que l’on pouvait gérer l’épidémie sans recourir à un confinement
paralysant l’économie, deux autres pays sont intéressants à savoir l’Allemagne et
le Danemark. L’Allemagne a pratiqué une politique basée sur le respect d’une
distanciation entre les individus, ceci excluant tous les rassemblements ne
permettant pas cette distanciation de 1,5m entre les personnes. La liberté
individuelle a été préservée au maximum mais l’économie est globalement paralysée
comme en France. Certes les moyens à la disposition de son système de santé
sont plus importants que les nôtres, et la discipline allemande est légendaire.
Il serait toutefois trop facile de les considérer comme les agents de l’excellent
résultat obtenu dans ce pays. Il n’y a pas eu de confinement de la population
allemande au sens des 7 pays qui ont le plus de décès/million d’habitants pour
l’instant, et l’Allemagne se prépare à un déconfinement après le 19 avril.
Le cas du Danemark est
particulièrement intéressant car si ce pays a fermé très tôt ses frontières, la
liberté de déplacement a été conservée, et la vie économique n’a pas été paralysée.
Les déplacements sont autorisés, les magasins ouverts, mais une distanciation
de 2m est observée. Le Danemark va rouvrir ses maternelles, ses classes
primaires, et ses Terminales en vue des examens la semaine prochaine. Si les décès
ne réaugmentent pas, les bars et restaurants rouvriront le 10 mai et le reste à
suivre. Avec 5 décès par million d’habitants le Danemark a sans doute pris les
bonnes décisions. On constate que cette politique suivie est très différente de
la France qui confine tout son peuple chez lui.
Quand on nous dit que le confinement
est la seule solution possible pour nous, il faut donc entendre « dans
le contexte des moyens mis à disposition du système de santé, hôpitaux et
médecine libérale, et de la politique initiée par le gouvernement dès le
début de l’épidémie ». Le constat est amer, car rien ne dit en plus
que cette solution se traduira finalement par un nombre plus faible de décès.
Si cela retarde le flux d’arrivée sur les hôpitaux pour ne pas les engorger
plus qu’ils ne peuvent accueillir, il y a fort à parier que le virus vivant sa vie
itinérante dans le pays la durée de sa présence sera plus longue avec des décès
plus longtemps, et le confinement aussi. Si le bilan montre que nous restons
dans le groupe de tête des pays en nombre de décès/million d’habitants ayant
pratiqué le confinement global, et que la durée de confinement est plus longue
qu’en Allemagne, en Suède et au Danemark, nous aurons surtout plombé notre
économie. Les responsabilités ne peuvent être rejetées sur l’indiscipline du
peuple quand on voit les hésitations, le manque de prévisions, les mauvais
choix des approvisionnements, la responsabilité du gouvernement est grandement
engagée.
Mais le confinement pose le problème
du déconfinement, ce qui n’est pas le cas des pays qui n’ont pas confiné leur
population. Or le déconfinement s’avère problématique, car le confinement a
retardé l’immunisation de la population. Donc une nouvelle explosion des
contaminés et des décès supplémentaires sont une épée de Damoclès suspendue sur
la tête des décideurs. Plus la durée du confinement est longue, plus l’effet
retard peut être explosif en particulier dans des espaces territoriaux qui n’ont
pas été envahis par le virus. Les données actuelles laissent penser que l’on n’est
pas près de voir se terminer le confinement, alors que la trajectoire d’un
nombre de décès suit celle de l’Italie avec une dizaine de jours de décalage
depuis que sont inclus dans le décompte les décès dans les EHPAD. En Allemagne la
pression pour la reprise de l’activité économique se fait chaque jour plus
pressante. En France le Medef appelle également à la reprise en demandant de
bousculer un peu plus le code du travail de travailler plus par l’augmentation
du temps de travail et la diminution du nombre de jours de congés payés. Ceci
ne va pas dans le sens de la baisse du chômage et va en plus dans celui de la
baisse du salaire horaire. En effet la reprise sera lente avec un important foyer
de main-d’œuvre disponible en faveur des entreprises par la loi de l’offre et
de la demande.
Confinement et déconfinement vont de
pair.
Le confinement se décide
autoritairement
Mais le virus guette les gouvernants
Au détour du déconfinement
Et le peuple aussi pour leur
Demander des comptes.
Claude Trouvé
12/04/20

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