Accéder au contenu principal

Coronavirus : Une infection traitable transformée en désastre (2ème partie)


Muni des informations présentées dans la première partie de cet article, on peut désormais faire une analyse étayée des connaissances acquises au fil du temps depuis le 1er cas connu de COVID-19 en Chine le 17 novembre 2019. Le virus était alors inconnu, « un virus-mystère », mais il a été très vite reconnu comme faisant partie de la famille des coronavirus et dont on a désormais identifié plusieurs souches. Il est même rétrospectivement depuis quelques jours reconnu que, dès le 27 décembre, le virus était présent en France. Alors la chronologie des évènements est riche d’informations fondamentales sur le déroulement de la gestion de crise épidémique, subie dans des proportions de gravité très différentes par pays. Elle atteint particulièrement les Etats-Unis et l’Europe, et dans cette dernière plus particulièrement encore 5 pays dont la France et 4 autres pays considérés comme riches et voisins de notre pays, et en ordre décroissant d’atteinte, la Belgique, l’Espagne, le Royaume-Uni, et la France. 

Pourquoi eux alors que l’origine du virus se trouve à l’autre bout du monde, en Chine et en Corée du Sud, et qu’il s’avère que finalement le nombre de décès/million d’habitants y est l’un des plus faibles du monde ? Dès la fin décembre le risque d’épidémie d’un nouveau virus était connu de la communauté scientifique de la santé, et de la France particulièrement puisqu’elle est partie prenante dans la construction de l’Institut de virologie de Wuhan en Chine d’où la contamination aurait commencé. Notre Ministre de la Santé d’alors, Agnès Buzin, a déclaré beaucoup plus tard qu’elle avait informé le Président de la République le 15 janvier. Tout laisse donc à penser que les autorités gouvernementales étaient au courant par nos chercheurs en épidémiologie et par nos ambassades. D’ailleurs la structure interne du virus, le génome, était publiée par les chinois, et un premier décès venait d’avoir lieu en Chine. La « puce à l’oreille » des autorités françaises a donc était mise très tôt avec en plus l’information selon laquelle la transmission entre humains ne pouvait pas être exclue. 

Un autre fait, en date du 13 janvier, doit retenir notre attention : « l’hydroxychloroquine, un antipaludique de la famille de la chloroquine, qui a effectivement été classée « sur la liste II des substances vénéneuses », par un arrêté du 13 janvier du directeur général de la santé, Jérôme Salomon, par délégation pour Agnès Buzyn quand elle était encore ministre de la Santé. » Or début février le Pr Raoult de l’Institut de virologie de Marseille a recommandé l’usage de ce médicament, très utilisé dans le monde pour lutter contre le paludisme, le Plaquenil, pouvant être obtenu en pharmacie sans ordonnance. Cet arrêté obligeait les pharmaciens, à partir du 13 janvier, à ne le délivrer que sur ordonnance. Une telle concomitance de date ne peut pas être due au hasard. De tout évidence Macron était au courant très tôt et les premières dispositions ont été prises pour couper l’herbe sous le pied aux travaux chinois sur l’utilisation de la chloroquine comme traitement du virus, polémique qui a vu finalement le jour quinze jours plus tard avec le Pr Raoult qui s’est appuyé sur ces travaux.

La date importante suivante est le 24 janvier où l’Organisation Mondiale de la Santé invite les Etats « à mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus » et que les 3 premiers patients atteints du coronavirus sont hospitalisés. Deux jours plus tard les chinois font savoir que le virus n’est pas aussi puissant qu’une grippe sévère mais plus contagieux. Quatre jours plus tard, à partir du constat d’une trentaine de décès, la Chine décide la construction d'un hôpital en un temps record. En dépit des recommandations de l’OMS, des dispositions de lutte mises en place en Chine et l’arrivée constatée du virus, il ne se passe apparemment rien d’autre en France, pas de commande de masques, mais surtout de détecteurs. 

Bien que l’OMS ait lancé un cri d’alarme invitant à agir vite, le 30 janvier, ce qui est relayé abondamment par les médias, c’est le décès par coronavirus d’un ophtalmologue chinois, lanceur d’alerte considéré dangereux sur l’opinion par sa prédiction de pandémie en décembre, et qui avait été emprisonné. C’est le début d’un lynchage de la Chine, pour avoir répandu une pandémie, par les pays occidentaux, et qui pousse l’Allemagne à demander des compensations financières à la Chine !

Mais en France il ne se passe pas grand-chose d’autre qu’un constat de personnes malades qui sont finalement détectées comme porteurs du virus en milieu hospitalier. Les services hospitaliers sont à la tâche, pas le gouvernement jusqu’à fin février. À Mulhouse, la megachurch ("église géante") de La Porte ouverte chrétienne, une des plus grandes églises protestantes évangéliques françaises, a rassemblé environ 2 000 personnes de Métropole et d’Outre-Mer au total du 17 au 24 février. À partir du vendredi 21 février et durant quelques jours, la plupart des participants présentaient un syndrome grippal, se sont soignés d'eux-mêmes, ont vu leur médecin généraliste, sont passés aux urgences. C’est sans doute le plus grand foyer de coronavirus de France. 

Ce n’est que le 6 mars qu’on a une réaction de nos autorités après le constat d’une propagation hors du Haut-Rhin et le constat de 2 décès le 2 mars. Ce n’est que 15 jours plus tard, le 17 mars, que le gouvernement prend les premières mesures de confinement de la population devant la saturation des moyens hospitaliers du Haut-Rhin. Nous avions déjà dépassé depuis le 13 mars le taux de 1 décès/million d’habitants qui est un signal fort d’épidémie identifiable. Le graphique ci-contre trace l’évolution, en jours et décès/million d’habitants, de l’épidémie dans 16 pays depuis le dépassement du seuil de 1 décès/million.  C’est donc 63 jours après que l’arrêté de mise en catégorie vénéneuse du Plaquenil ait été publié, 61 jours après l’information officielle de Macron, et 52 jours après les recommandations de l’OMS du dépistage, que le gouvernement met en place, non pas le dépistage des symptomatiques, mais le confinement « chez soi » de la population française. 

Notre désastre part de là, des mesures immédiates prises par le pouvoir. Malheureusement pour nous dans ce qui nous arrive aujourd’hui, est un véritable désastre plus psychologique et économique que sanitaire comme la population va le ressentir de plus en plus malgré les deuils dans un nombre important de familles. On va constater que le nombre total de morts, de l’ordre de 50.000 toutes causes confondues, était très voisin en mars du nombre habituel de décès, et que ce sera probablement du même ordre en avril. D’ailleurs 15000 morts pour une grippe saisonnière est assez courant et les personnes âgées ont évidemment le pourcentage de décès le plus important. 

J’ai montré dans un article précédent que l’Allemagne a commencé ses mesures de tests et de confinement 8 jours avant d’atteindre ce 1 décès/million et qu’elle avait mis ses équipements de dépistage, de moyens et de protection en particulier des personnels de santé, à un niveau capable de supporter une épidémie. La Chine, la première atteinte par un nouveau virus a mis un peu de temps pour réagir, mais a mis tous ses moyens en œuvre et confiné tout autour du foyer d’origine et de quelques autres. La Corée a tiré tous les enseignements des chinois dans la nécessité de mise en œuvre rapide du dépistage, du tri et des soins. La France a réagi sans dépistage organisé, mais par un confinement autoritaire 3 jours après l’atteinte du 1 décès/million et 11 jours après l’Allemagne ! 

On peut dire maintenant que la France a tout faux et persiste dans l’erreur. Le confinement est nécessaire pour étouffer dans l’œuf la propagation du virus mais pour être efficace doit s’appliquer sur le territoire le plus petit possible, donc le plus vite possible. Le dépistage doit être mis en œuvre sur les personnes présentant des symptômes, et si possible sur les personnes en relation étroite avec celles contaminées. Après cette première phase où les foyers de contamination sont circonscrits, le confinement des autres espaces est un non-sens. Pour une famille vivre chez soi, c’est vivre dans un lieu de contamination permanente et étroite. Le respect d’une distanciation sociale dans un déplacement extérieur garantit au contraire une plus faible probabilité de contamination. Par ailleurs la contamination par les émissions buccales est certes importante mais le virus a de multiples autres voies de contamination. Le confinement imposé depuis mi-mars, et le non-dépistage systématique des symptomatiques, expliquent, pour les 5 pays cités plus haut dont la France, les résultats désastreux obtenus tant sur le plan sanitaire que surtout celui économique. 

La meilleure preuve est donnée par la Suède, les Pays-Bas et la Biélorussie dont la stratégie de lutte a privilégié le non-confinement et la responsabilité collective, dans un esprit de recherche d’immunité collective. Elle donne de meilleurs résultats que la nôtre avec surtout un faible impact sur leur vie économique. D’ailleurs la proximité et la taille de la Belgique et des Pays-Bas n’expliquent pas une différence énorme de décès/million d’habitants entre les deux pays où la Belgique a 2,4 fois plus de décès/million mais a suivi la France dans le confinement devenant ainsi championne du monde du nombre de décès/habitants. Reste le cas de l’Allemagne qui fait beaucoup mieux que la France pour les raisons évoquées plus haut, mais nettement moins bien que la Grèce. Alors là il intervient un autre facteur de contamination, c’est l’apport par l’extérieur du pays concerné. La Grèce a appliqué en plus de l’Allemagne, qui n’a pas fermé les frontières avec la Belgique et les Pays-Bas, une fermeture stricte des frontières, même des îles, et un parcage avec tests des migrants. Si l’Allemagne avait fait de même elle aurait eu probablement le même faible nombre de décès que la Grèce. De même si les Pays-Bas avaient testé comme les allemands et fermé leurs frontières, le résultat aurait été proche de celui de la Grèce et donc encore meilleur avec une stratégie de non-confinement autoritaire. Aux mesures immédiates de dépistage, de tri, et d’adaptation des moyens nécessaires du système de santé, il faut ajouter la fermeture des frontières.

La France, avec en plus des ordres contradictoires d’utilisation des masques, a fait tout ce qu’il fallait pour avoir l’une des plus fortes mortalités du monde, la plus grande baisse de son économie, et le plus fort endettement supplémentaire. Elle a confiné beaucoup trop tardivement et d’une façon autoritaire et inutilement globale, elle est le seul pays à laisser ses frontières ouvertes, a fait très peu de dépistage, et a mal ou très peu protégé les professions de santé au départ de l’épidémie. Elle continue dans cette vision en orientant la population vers une utilisation des masques et la scolarisation des petits par une information anxiogène, sans grande politique de dépistage et dans un déconfinement à rallonge qui n’a plus lieu d’être. 

On est dans une politique dictatoriale de soumission et d’humiliation des français par un pouvoir destructeur de la richesse de son pays, et passible de crimes contre l’humanité. Il ne peut plus justifier son manque de prévision, de réaction, alors que depuis début janvier il aurait dû agir, et il est en plus passible de continuer encore dans ses erreurs sur le confinement, le non-dépistage, et le refus de préconiser le traitement du Pr Raoult, erreurs qui deviennent de plus en plus évidentes au regard des résultats obtenus ailleurs. Tous les pays européens soit n’ont pas confiné, soit dé-confinent très rapidement. Pour nous c’est au bon vouloir du pouvoir qui juge de notre sagesse et se vote l’état d’urgence jusqu’à fin juillet. En Allemagne les matchs de foot vont bientôt reprendre le 22 mai, en Suède les enfants sont à l’école depuis longtemps, et en Pologne on va voter pour l’élection présidentielle. Si nous n’avions rien fait comme la Suède on aurait eu le 4 mai, en rapport des populations, 7500 morts de moins et une économie intacte. Si nous avions fait comme l’Allemagne 19500 morts en moins, et une économie moins dégradée ! Jugez vous-mêmes et faites-le savoir.
 
La gestion de l’épidémie se traduit par un désastre 

Avec des milliers ou plus de décès évitables

Une privation de liberté très néfaste 

Dans une ambiance de dictature

Et pour couronner le tout 

Une économie brisée

Une dette énorme 

Et un chômage

De pays Tiers !

Claude Trouvé 
06/05/20

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le scandale du traitement du COVID

Le scandale du traitement du COVID On ne peut pas scientifiquement nier que la vaccination par les vaccins ARNm contre le COVID a, non seulement été inefficace contre la contagion, mais en plus dangereuse voire mortelle. Le tableau ci-dessous représente le nombre de décès par million d'habitants et la surmortalité de la France par rapport aux autres pays. Nous avons eu une surmortalité de 110.000 décès par rapport à la politique sanitaire du Sénégal, et de 96.000 par rapport à celle de l'Inde.     Mais le graphique suivant est tout aussi parlant. Il représente le nombre de décès/million d'habitants sur l'axe vertical et le taux de vaccination en % sur l'axe horizontal. On voit sur la courbe statistique moyenne en tirets verts que le nombre de décès/million d'habitants croît exponentiellement au-delà de 60% de vaccination. Le taux de vaccination est alors le facteur principal de l'explication du nombre des décès. Le reste de la dispersion autour de ce...

L’inversion climatique globale dans 20 ans tient-elle toujours en août 2025 ?

  L’inversion climatique globale dans 20 ans tient-elle toujours en août 2025 ? Dans cette atmosphère climatique anxiogène dont on nous persuade en permanence et en particulier lors des canicules, je propose une autre vision que celle actuelle. Elle est basée sur l’observation de l’évolution des températures depuis 1910. La période de 1978 à 2025, bien décrite par l’évolution haussière et linéaire proposée par le GIEC, et statistiquement vérifiable de 1978 à aujourd’hui, ne reflète absolument pas l’évolution antérieure de 1910 à 1977. Je propose donc depuis quelques années une hypothèse d’évolution linéaire et cyclique des écarts de température par rapport aux différentes périodes de référence, dont la période préindustrielle retenue par le GIEC. Le Globe Pour le globe la tendance statistique sur la période 1978-2025, annoncée par le GIEC à +0,02°C, est effectivement vérifiée jusqu’en août 2024 avec une hausse de +0,0193°C/an.   A cette dernière date, l’évolution ...

Le réchauffement climatique est-il naturellement réversible ?

  Le réchauffement climatique naturellement réversible ? C’est en pleine canicule que cet article est écrit, août est chaud en France dans cette première quinzaine. Les médias tournent à plein sur le réchauffement climatique, et la météo affiche les valeurs extrêmes en un lieu précis et une heure donnée comme des moyennes journalières d’après-midi. Chez moi le 41°C annoncé s’est traduit par 39°C pendant une heure. Il y a de la propagande climatique sous-jacente. Les "mégafeux" nous entourent, c’est du jamais vu depuis 1949, donc cela a existé il y a 76 ans alors que l’écart annuel par rapport à la température de référence était 2,5°C en dessous de celui d’aujourd’hui ! 90% des départs de feu sont d’origine humaine par inconscience ou pyromanie. Mais 500 gardes forestiers ont été réaffectés ailleurs, le nombre de canadairs est réduit à 2 utilisables, le débroussaillage mécanique est interdit dans les zones protégés, et le nombre de maisons trop proches de la végétation for...