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Décarboniser grâce aux énergies renouvelables ? Un leurre !


Le crédo politique qui fait un tabac

Le slogan « sauver la planète » fait recette, car il amène dans les esprits un sentiment de création d’un avenir plus serein dans un moment de vide d’une France qui se délite et s’enfonce. C’est une lueur d’espoir mise dans le besoin de croire en l’avenir qui caractérise la jeunesse. Le « sauvetage de la planète » est un package d’espoir et de combats pour un avenir meilleur, une espèce de fourre-tout qui va du Végan, aux ressources de la planète, en passant par le bio, la méfiance envers la science avec ses produits sanitaires, médicamenteux, phytosanitaires, ses engrais, ses désherbants. Le tout est accompagné d’un besoin de sécurité amenant à stigmatiser l’énergie nucléaire. On veut tout sauver, tout refaire, et cela s’appuie sur le mécontentement du monde que notre pays offre à nos concitoyens désabusés. L’argent pour ce sauvetage ne peut être un frein devant un tel enjeu, enjeu mondial auquel on a ajouté l’urgence grâce aux prévisions catastrophiques certifiées par un consensus scientifique. Il n’en faut pas plus pour permettre au monde politique d’en faire un passage obligé des promesses des programmes. On peut y dépenser des centaines de milliards sans hésitation. Devant une catastrophe hum
anitaire dans à peine une génération, cela ne se discute même pas. La survie n’a pas de prix.

De l'idéologie à la déraison

En fait le point central de l’action à mener est l’urgence et pour cela le consommateur que nous sommes est doublement visé par son action catastrophique de mangeur de ressources, de destruction de la biodiversité des espèces, de pollueur de la planète, en particulier par sa voracité de pétrole qui est entrain de carboniser la planète et la transformer en marmite où nous allons tous cuire ou fuir devant la montée des océans. A ce point de formatage des esprits, vous me permettrez d’avoir une pensée pour Michel Serres dont l’optimisme détonnait dans ce monde inquiet par ses constats de régression de notre pays, et traumatisé par toutes les catastrophes prévues et dues en plus à notre faute. Je n’ai pas la compétence pour savoir si la viande est nuisible à la santé de l’homme, mais si l’éviter c’est protéger les cheptels de notre appétence ancestrale à tuer pour vivre, et éviter la souffrance animale, je ne suis pas sûr de bien comprendre. Si je mange du végétal parce que je ne tue plus dans le monde animal, dois-je comprendre que ce monde végétal n’a ni besoin d’être protégé, ni aucun sentiment de souffrance sous la faucille et la faucheuse ? Or certains scientifiques pensent que ces différences entre mondes animal et végétal ne sont pas prouvées. A quand la liste pour la défense des végétaux auprès de celle pour les animaux ? Que mangerons-nous ? 

En toutes choses, il faut raison garder et l’écologisme a trois défauts, celui de pousser trop loin son idéologie, de manipuler en permanence le catastrophisme, et de ne prendre dans la science que ce qui nourrit le catastrophisme et l’idéologie écologique ou de ramener la science en arrière, comme les moulins à vent contre l’énergie nucléaire. Ceci n’a plus rien à voir avec l’écologie du bon sens qui traverse les générations, l’écologie conjuguant le souhaitable, le possible et le nécessaire. La carbonisation, y compris des voyageurs, due à la machine à vapeur n’était pas souhaitable, mais elle était possible et nécessaire à l’avancée du progrès. L’électricité élargit ces trois domaines du souhaitable, du possible et du nécessaire, et c’est tant mieux même si ses applications peuvent procurer de nouvelles nuisances, ne serait-ce que parce que le monde d’aujourd’hui ne peut plus s’en passer. Mais Marie Curie n’est pas au Panthéon pour rien, la connaissance de l’atome et de l’infiniment petit à amener des avancées technologiques et scientifiques dans tous les domaines de la santé, à la paix. Paradoxalement l’horreur des bombes nucléaires sur Nagasaki et Hiroshima a produit l’équilibre de la terreur entre l’Est et l’Ouest et donné 75 ans de paix sur notre territoire national. 

Le carbone, l'ennemi désigné

Il faut constater que le « sauvetage de la planète » fait surtout recette grâce à la catastrophe climatique annoncée comme certaine sans action contraire de l’homme. Sus donc au carbone anthropique, il faut maintenir son taux au plus bas, il en va de notre survie. Je ne suis convaincu ni du lien de causalité du carbone sur la température globale, ni des prévisions de réchauffement pour 2050, et encore moins pour celles de la fin du siècle. Mais comme en ce domaine climatique, la science n’apparaît pas en mesure de faire des prévisions valables, quand on parle d’une chance sur deux qu’elles se réalisent entre +1°C et +6°C, je ne ferai donc aucun pronostic sur l’avenir. Nonobstant c’est la doctrine officielle, et il faut décarboniser nos actions humaines. Je vous convie donc à regarder les résultats de ces actions dans les cinq plus grands pays de l’UE, l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni grâce à la base de données d’Eurostat. Ces cinq pays sont très différents par leur politique énergétique et leurs sources d’énergie évidemment liées.

La France chef de file
 
Le graphique ci-dessus montre l’évolution du rapport de l’émission de CO2 et des milliers de tonnes d’équivalent pétrole dans le secteur de la consommation disponible d’énergie. On distingue en 2008 trois groupes de pays. Le premier contient l’Allemagne et le Royaume-Uni qui sont les plus grands pollueurs en CO2. Mais si le Royaume-Uni réussit une diminution très importante de la quantité de CO2 émise par tonne d’équivalent pétrole passant de 3,6 à 3 tonnes de CO2, l’Allemagne ne fait aucun progrès sensible malgré l’un des pourcentages les plus élevés d’énergies renouvelables. Le deuxième groupe rassemble l’Espagne sans évolution des émissions comme l’Allemagne malgré un pourcentage élevé d’EnRia, et l’Italie qui progresse avec l’hydraulique, la géothermie et à peine 10% d’EnRia. Néanmoins ces deux groupes sur quatre pays se détachent nettement de la France de 2008 à 2016 qui apparaît comme le pays ayant les meilleurs résultats dans ce domaine. Malheureusement on ne peut pas attribuer cela aux EnRia qui étaient en très faible pourcentage jusqu’en 2014 et qui ensuite ne font pas baisser le tonnage jusqu’en 2016. C’est probablement la production d’électricité par le nucléaire qui place la France dans cette position dite vertueuse, vu son poids dans la production d’énergie.

L'Allemagne pollueeuse
Le graphique suivant cible plus précisément la production d’électricité et le tonnage afférent des émissions de CO2. Cette fois le groupe le plus polluant des trois concerne l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne. L’Italie baisse sensiblement ses émissions par le passage du charbon au gaz, et le Royaume-Uni fait de même avec le gaz de la mer du Nord. L’Allemagne n’affiche qu’une très faible baisse, d’ailleurs inexistante entre 2015 et 2016 malgré son énorme effort sur les EnRia, baisse dont on sait par ailleurs qu’elle provient du remplacement de ses centrales au charbon par des centrales à gaz. L’Espagne qui a une puissance nucléaire non négligeable est en position moyenne et la France toujours dans celle du bon élève jusqu’en 2014. On peut bien affirmer qu’elle a eu un avantage notable avec une politique énergétique privilégiant le nucléaire.

La France perd son avance 
Finalement le meilleur indicateur écologique des efforts pour le climat se mesure en rapportant les émissions de carbone au nombre d’habitants pour comparer les pays entre eux. Les résultats sont alors assez différents. La France n’apparaît plus aussi vertueuse et ses progrès sont inférieurs à l’Italie et à l’Espagne même si elle garde la place du pays le moins émetteur de CO2 par habitant. Elle émet pratiquement deux fois moins que l’Allemagne, pays qui n’a fait que très peu de baisse en 8 ans à la différence du Royaume-Uni dont la performance se confirme et montre que sur cet objectif c’est le pays menant la meilleure politique. C’est d’autant plus remarquable que son coût du kWh n’est guère plus élevé que celui de la France et que son augmentation annuelle est nettement inférieure à celle de notre pays comme je l’ai montré dans mon article précédent. Il est d’ailleurs le seul pays à avoir progressé depuis 2014. 

L'exportation électrique, un choix écologique ?

Cet examen des chiffres permet deux constats. Le premier est que le nucléaire a donné un avantage initial considérable de départ à la France. Le deuxième est que depuis 2014, la France, l’Espagne et l’Allemagne n’ont pas obtenu des baisses des émissions de CO2 malgré une campagne d’installation des EnRia. Mais on peut aller plus loin en constatant que les deux pays qui s’en tirent le mieux sont les pays importateurs d’électricité à savoir l’Italie et surtout le Royaume-Uni. Cette dernière utilise les zones ventées les plus favorables et ses ressources gazières en complétant par des importations les fluctuations de production des éoliennes avec une sous-production de base. Les pays exportateurs largement au-dessus de leurs besoins vendent souvent à bas prix les productions excédentaires des EnRia dont le Royaume-Uni profite tout en conservant également une production nucléaire qu’elle va augmenter avec les réacteurs en construction. L’Italie s’appuie sur le gaz, la géothermie et l’hydraulique, avec le complément du solaire moins aléatoire que l’éolien. Il maintient un prix du kWh plutôt faible en étant un des rares pays qui pousse son prix à la baisse.

Energies renouvelables et décarbonisation dans l'impasse
 
En conséquence la course aux EnRia, sujettes à des absences à combler et des surproductions intermittentes aléatoires à écouler, et la nécessité d’une énergie de pilotage, ne peuvent que pousser à la hausse des émissions de CO2 et du prix du kWh. C’est la double peine avec un objectif raté… sauf si le CO2 n’est pas la cause du réchauffement ou si celui-ci ne suit pas les prévisions climatiques de 2010 car le GIEC les orientent à la baisse. Si une politique énergétique basée sur le développement des EnRia pouvait faire baisser les émissions de carbone, l’Allemagne, le grand pays le plus avancé dans ce domaine, en apporterait la preuve, ce qui n’est pas le cas. Ce pays est le plus grand pollueur non seulement en carbone mais dans bien d’autres molécules chimiques et particules nuisibles elles à notre santé et qui traversent ses frontières. Il est navrant de constater que c’est elle qui impulse notre politique énergétique en nous menant vers des dépenses inutiles et une augmentation inéluctable du prix de notre kWh. Notre politique d’EnRia ne peut pas se justifier par le but politico-médiatisé de la décarbonisation mais par un assemblage de raisons idéologique, géopolitique et financière au profit de l’économie allemande, de sa politique hégémonique, et des lobbies. 

Décarboniser par les énergies renouvelables

S’avère non seulement un leurre inutile 

Mais un gouffre financier sans fin.

Payons mieux les professeurs, 

Le personnel hospitalier,

Aidons les plus pauvres 

Pas tous les lobbies

Vendeurs de vent !

Claude Trouvé 
03/06/19

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