Le record de température de juillet confirme-t-il la prévision du GIEC ?
Les premières données sur la température moyenne de juillet 2026 viennent d’être relayées par les médias, accompagnées de gros titres sur un record absolu, et de commentaires sur le réchauffement climatique. On y mélange souvent des records locaux, le record national, avec le lien au réchauffement global. Pourtant, ces réalités de la planète sont bien distinctes : il est facile de trouver un record absolu dans l’une des 30 .000 communes françaises, moins facile à l’échelle d’un pays comme la France, et bien plus encore à l’échelle du globe.
J’ai publié hier un article sur l’évolution des écarts mensuels de température en France, que je reprends redonne au bas de ce commentaire. J’y soulignais leur caractère très chaotique et j’avais mis l’accent sur le fait qu’ils étaient particulièrement chaotiques en France, et qu’il est presque impossible de prévoir l’écart de température du mois suivant avec une fiabilité supérieure à 50 %. C’est-à-dire faire mieux que le hasard. Il arrive même que Météo-France présente une prévision du mois suivant avec une probabilité de 50-50. Pourtant elle dispose de moyens pour faire mieux que la prévision statistique d’un modèle climatique, qu’il soit linéaire comme celui du GIEC ou polycyclique comme je le propose.
Plus précisément, avant même la connaissance de l’écart de température de juin 2026, on ne pouvait seulement que prévoir statistiquement, avec seulement 5 % chances de risque d’erreurs, un écart du mois de juillet 2026 situé entre -2,7 °C et +5,3 °C par rapport à la période 1991-2020. C’est ce qu’indiquait le modèle polycyclique, et le modèle linéaire de type GIEC aboutissait au même résultat. Les +3,8 °C observés n’avaient donc rien d’imprévisible. Mais avec une telle marge, on ne peut que commenter sur les écarts extrêmes. Le record de juillet 2026 est bien un record absolu, sans être pour autant un record extrême.
Une fois encore, la présentation des records fait oublier les mesures du XIXe siècle. Or 1859 arrive en quatrième position ! Il y a eu des records depuis 1850, mais celui-là n’a été battu qu’en 2006 ! Il a tenu pendant 147 ans. Ce siècle est d’ailleurs bien représenté, avec trois dates parmi les seize premières. Mais si on parle du ressenti des Français pendant les mois de juillet depuis 1850, le classement change. Le tableau ci-dessous présente les records absolus, mais aussi l’écart ressenti par rapport à la moyenne des douze mois précédents, mais on aurait pu retenir seulement le seul mois précédent. Dans ce cas, 1983 arrive en tête avec un écart de +4 °C à encaisser. Les quatre premières années restent toutefois les mêmes, avec un écart identique pour 2006 et 2026. Cette fois, 1870, 1859, et 1881, figurent parmi les huit premières places.
En résumé, il n’y a rien d’extrême dans ces canicules à l’échelle mensuelle. Il faut toutefois distinguer deux choses à ce niveau. D’une part : les records journaliers ou, et locaux peuvent dépasser largement la moyenne mensuelle, et d’autre part : le réchauffement augmente statistiquement la probabilité des canicules en fréquence comme en intensité. En revanche, il reste impossible de les prévoir précisément, d’une année sur l’autre,
Il faut surtout retenir que la France se réchauffe 2,5 fois plus vite que la planète, 1,5 fois plus vite que les terres émergées du globe, et 1,2 fois plus vite que l’Europe, tandis que cette dernière semble amorcer une phase de stabilisation. Le saviez-vous ? Probablement pas. Alors on en parlera dans mon prochain article. Ce sont là les véritables questions de fond, bien plus que le fait de savoir si un record mensuel confirme ou non la lecture climatique aujourd’hui dominante en France, et dans les analyses globales du GIEC.
30/07/26
Claude Trouvé
Records caniculaires et politique zéro carbone
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